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Carrière13 mai 2026· 7 min de lecture

Économiste de la construction : missions, salaire et évolution de carrière

Fiche métier complète de l'économiste de la construction : missions, logiciels, grilles salariales CCN BTP et perspectives d'évolution.

Par Tristan Cervellin - Fondateur Onda Jobs, consultant en recrutement BTP

L'économiste de la construction est le profil qui chiffre avant que le béton soit coulé. Sans lui, pas d'offre commerciale sérieuse, pas de budget de chantier fiable, pas de rentabilité maîtrisée. Pourtant, ce métier reste mal connu hors du secteur - et souvent sous-évalué sur le marché de l'emploi.

Ce que fait vraiment un économiste de la construction

Le titre recouvre des réalités très différentes selon l'entreprise, mais le coeur du travail reste constant : traduire un projet architectural ou technique en coûts précis, puis suivre ces coûts tout au long de l'opération.

Les métrés et la DPGF

Le point de départ, c'est la lecture des plans. L'économiste décompose l'ouvrage lot par lot, quantifie chaque poste de travaux et produit le Décomposition du Prix Global et Forfaitaire (DPGF). Ce document structure l'appel d'offres et sert de référence contractuelle entre le maître d'ouvrage, le maître d'oeuvre et les entreprises.

Un métré bâclé, c'est une offre faussée dès le départ. Sur une opération de plusieurs millions d'euros, une erreur de quantitatif sur les façades ou les lots techniques peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de manque à gagner ou d'écart de marge.

Le chiffrage et la constitution de l'offre

Une fois les quantités établies, l'économiste valorise chaque poste. Il s'appuie sur ses bases de prix internes, sur les prix unitaires négociés avec les fournisseurs et sous-traitants habituels, et sur son expérience du marché local.

Sur les projets importants, il consolide les offres des sous-traitants lot par lot, identifie les écarts, négocie les conditions et s'assure que l'ensemble reste cohérent avec le budget global de l'opération.

La négociation sous-traitants

C'est une partie du travail que les fiches de poste mentionnent rarement mais que les professionnels citent en premier. L'économiste doit souvent arbitrer entre plusieurs devis, challenger les prix, demander des variantes techniques moins coûteuses. Il travaille en lien direct avec les chefs de projets, les conducteurs de travaux et parfois la direction achats.

Le suivi financier de chantier

Une fois le marché signé, le travail ne s'arrête pas. L'économiste suit l'avancement financier de l'opération : situations de travaux, révision de prix, gestion des avenants, analyse des écarts budget/réel. Il alerte quand une dérive apparaît et propose des ajustements. Dans certaines entreprises, ce rôle est distinct du chiffrage initial ; dans d'autres, c'est le même économiste qui suit l'opération de bout en bout.

Les différences selon la taille de l'entreprise

En PME (moins de 50 salariés)

L'économiste est souvent seul ou en binôme. Il touche à tout : métrés, chiffrage, parfois les études d'exécution, parfois la facturation. La polyvalence est forte, l'autonomie aussi. Les projets sont plus modestes en volume mais la réactivité attendue est élevée - les délais d'appel d'offres dans le secteur privé laissent peu de marge.

C'est un poste formateur, mais la charge peut être dense, notamment en période de remise d'offres simultanées.

Dans une entreprise générale de taille intermédiaire

L'économiste travaille en équipe avec d'autres économistes, des chargés d'affaires et des conducteurs de travaux. La spécialisation commence à apparaître : certains se concentrent sur le chiffrage, d'autres sur le suivi financier, d'autres encore sur un segment technique (gros oeuvre, lots techniques, second oeuvre).

La méthode est plus formalisée, les outils mieux déployés, les enjeux financiers plus importants.

Dans un grand groupe ou une foncière

Les équipes études et économie sont structurées, avec des niveaux hiérarchiques clairement définis. L'économiste de construction intervient sur des opérations complexes (VEFA, CREM, marchés publics importants) avec des process de validation internes stricts. L'autonomie est plus encadrée, la rigueur documentaire très poussée - notamment pour les marchés soumis à la réglementation de la commande publique.

Logiciels courants dans le métier

Maîtriser les outils est indispensable. Les recruteurs le vérifient systématiquement.

Onaya est la référence dans de nombreuses PME et ETI du BTP. Il couvre le chiffrage, la facturation, le suivi de chantier. Savoir naviguer dans ses modules économie est un prérequis dans beaucoup d'offres d'emploi franciliennes.

ItaOpus (anciennement Multibat) est utilisé dans d'autres entreprises, souvent celles orientées marchés publics. Il offre des fonctionnalités similaires avec une logique de gestion d'affaires complète.

Chorus Pro n'est pas un logiciel de chiffrage mais une plateforme incontournable pour la facturation électronique vers les maîtres d'ouvrage publics. Tout économiste qui travaille sur des marchés publics doit en connaître le fonctionnement.

Au-delà de ces outils spécialisés, la maîtrise d'Excel reste centrale pour les analyses, les tableaux de bord et la présentation des offres. Certains bureaux utilisent également AutoCAD ou des outils BIM pour les métrés sur maquette numérique - une compétence qui prend de l'importance sur les projets récents.

Les grilles salariales : ce que dit la CCN BTP

La convention collective nationale du bâtiment distingue plusieurs statuts et niveaux qui s'appliquent aux économistes de la construction.

Le statut ETAM

La majorité des économistes en début ou milieu de carrière relèvent du statut ETAM (Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise), régi par la convention collective nationale des ETAM du bâtiment (IDCC 2609).

Cette convention définit des niveaux (de E à G) et des coefficients hiérarchiques qui déterminent un salaire minimal conventionnel. Un économiste junior en sortie d'école ou de BTS sera généralement positionné en bas de grille ; un profil expérimenté avec une autonomie réelle sur le chiffrage atteindra les niveaux supérieurs de la grille ETAM.

Les minima conventionnels sont révisés périodiquement par accord de branche. Il est recommandé de consulter directement la dernière grille publiée par la FFB ou la FNTP pour vérifier les montants en vigueur au moment de la négociation.

Le passage cadre

Avec l'expérience, certains économistes basculent en statut cadre, sous la convention collective nationale des cadres du bâtiment (IDCC 0016). Ce changement de statut s'accompagne d'une revalorisation salariale mais aussi d'une responsabilité accrue - notamment sur les engagements financiers pris au nom de l'entreprise.

Les fourchettes de marché en Île-de-France

En région parisienne, la tension sur les profils expérimentés pousse les rémunérations au-dessus des minima conventionnels. Les entreprises franciliennes, confrontées au coût de la vie et à la concurrence entre employeurs, sont souvent amenées à proposer des salaires supérieurs aux planchers de branche.

D'après les retours terrain que nous collectons sur le marché francilien, les profils juniors (1 à 3 ans d'expérience) se positionnent dans une fourchette cohérente avec les niveaux ETAM intermédiaires, tandis que les économistes seniors confirmés, capables de piloter des opérations complexes en autonomie, atteignent des rémunérations relevant du statut cadre, parfois complétées par des éléments variables liés à la marge des affaires.

Les perspectives d'évolution

L'économiste de la construction n'est pas condamné à rester dans la même case. Les trajectoires sont nombreuses.

Vers la conduite de travaux

Le profil hybride "conducteur de travaux économiste" est de plus en plus recherché, notamment dans les PME qui cherchent des profils capables de chiffrer et de suivre l'exécution. C'est une évolution naturelle pour ceux qui ont goût au chantier et pas seulement aux tableurs.

Vers la responsabilité des études

Dans les structures plus grandes, l'évolution passe par le management d'une équipe d'économistes. Le responsable études ou responsable chiffrage encadre les collaborateurs, valide les offres importantes, arbitre les choix techniques en phase amont.

Vers la direction technique ou commerciale

Certains économistes évoluent vers des fonctions de direction technique, de direction de projet ou de direction d'agence. Leur lecture fine de la rentabilité et leur connaissance du marché local en font des profils appréciés pour des responsabilités élargies.

Le poste de chargé d'affaires est également une porte de sortie fréquente : l'économiste qui a acquis une vision globale des opérations - chiffrage, négociation, relation client - est bien armé pour piloter des affaires de bout en bout.

Un métier en tension sur le marché francilien

Les profils formés et opérationnels manquent, en particulier sur les niveaux intermédiaires (3 à 8 ans d'expérience). Les entreprises cherchent des économistes capables de prendre un dossier rapidement, sans temps d'apprentissage long. Cette tension joue en faveur des candidats actifs sur le marché, qui peuvent négocier leur entrée avec plus de marge qu'ils ne l'imaginent souvent.

Si vous êtes économiste de la construction en Île-de-France - en recherche active ou simplement curieux des opportunités - l'équipe d'Onda Jobs travaille exclusivement sur le secteur BTP et peut vous donner une lecture concrète de votre positionnement sur le marché actuel.

En bref - Vous recrutez dans le BTP ? Contactez Onda Jobs - cabinet indépendant, facturation uniquement au succès.