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Marché BTP30 juillet 2026· 10 min de lecture

Métiers du BTP qui recrutent le plus : l'état des lieux terrain

Quels métiers du BTP recrutent le plus et pourquoi ? Analyse de recruteur terrain, tensions par métier et leviers concrets pour pourvoir vos postes.

Par Tristan Cervellin - Fondateur Onda Jobs, consultant en recrutement BTP

Conducteur de travaux introuvable depuis six mois, chef de chantier qui part chez le concurrent d'à côté pour deux cents euros de plus, électricien qui ne rappelle même pas après l'entretien. Si vous dirigez une PME du bâtiment ou des travaux publics, ces situations ne sont pas des accidents isolés, elles sont devenues la norme sur une bonne partie des métiers du secteur. Cet article fait le point sur les métiers du BTP qui recrutent le plus actuellement, pourquoi ils sont si difficiles à pourvoir, et surtout ce qu'une entreprise peut concrètement faire pour ne pas rester des mois avec un poste vacant.

Les métiers du BTP qui recrutent le plus en 2025 : le vrai état des lieux

Avant de lister des métiers, il faut poser une distinction que beaucoup d'articles zappent : la tension ne se joue pas de la même façon en gros oeuvre, en second oeuvre et sur les fonctions d'encadrement. Les causes, les délais de recrutement et les leviers d'action sont différents selon la famille de métiers.

D'après ce qu'on observe sur nos mandats de recrutement, voici les postes qui reviennent le plus souvent en tension réelle, c'est à dire ceux qui restent ouverts des semaines voire des mois chez nos clients avant qu'ils ne se tournent vers un accompagnement extérieur :

FamilleMétiers en tensionType de tension
Gros oeuvre / TPMaçon, coffreur-bancheur, canalisateur, grutier, conducteur d'enginsPénibilité, main d'oeuvre qualifiée rare
Second oeuvreÉlectricien du bâtiment, plombier-chauffagiste, couvreurDemande tirée par la rénovation énergétique
Encadrement / techniqueConducteur de travaux, chef de chantier, chef d'équipe, chargé d'affairesDouble compétence rare, turnover élevé

Un point important à ne pas oublier : cette tension varie fortement selon la région et la taille de l'entreprise. Une PME de province qui recrute un maçon n'affronte pas la même concurrence qu'une entreprise francilienne qui doit se battre contre les majors du BTP et les chantiers du Grand Paris pour attirer un conducteur de travaux. De la même façon, une TPE de cinq salariés n'a pas les mêmes armes qu'un groupe de deux cents personnes pour séduire un chargé d'affaires expérimenté.

Gros oeuvre et travaux publics

Sur le gros oeuvre et les travaux publics, la pénurie de main d'oeuvre qualifiée touche en premier lieu le maçon et le coffreur-bancheur. Ce sont des métiers physiques, appris sur le tas ou en CAP, dont les effectifs vieillissent sans être remplacés au même rythme. Le canalisateur est dans une situation comparable : peu de jeunes s'y forment alors que les besoins en réseaux (eau, assainissement) restent constants sur tout le territoire.

Second oeuvre

Le second oeuvre vit une dynamique différente : ici, ce n'est pas tant un manque structurel de vocations qu'une explosion de la demande. La RE2020 et la vague de rénovation énergétique poussent les besoins en électricien du bâtiment, plombier-chauffagiste et couvreur bien au-delà de ce que le marché peut absorber. Ces métiers recrutent parce que le carnet de commandes des entreprises explose, pas uniquement parce que les effectifs fondent.

Encadrement et fonctions techniques

Enfin, les fonctions d'encadrement et techniques concentrent la tension la plus critique pour les PME du bâtiment : conducteur de travaux, chef de chantier, chef d'équipe, chargé d'affaires. Ce sont des postes charnières, difficiles à former en interne rapidement, et sur lesquels une seule mauvaise embauche coûte cher en délais de chantier et en climat d'équipe.

Pourquoi ces métiers sont difficiles à pourvoir

Comprendre les causes est indispensable avant de chercher des solutions, sinon on se contente de recruter plus fort au lieu de recruter mieux.

La pyramide des âges vieillissante. Une part importante des ouvriers qualifiés et des chefs de chantier actuels partira à la retraite dans les prochaines années, sans que le nombre d'apprentis et de jeunes formés suffise à compenser ces départs. C'est particulièrement vrai sur les métiers manuels du gros oeuvre.

L'image dégradée des métiers manuels. Auprès des jeunes générations, le BTP souffre encore d'une image de métier "par défaut", physique, mal payé et peu valorisant, alors que la réalité du terrain est souvent différente : des salaires corrects, des responsabilités rapides, une vraie utilité concrète. Ce décalage d'image freine les vocations bien plus que la réalité des conditions de travail.

Des conditions de travail qui font fuir. Déplacements longs, horaires matinaux, pénibilité physique, chantiers loin du domicile : ces contraintes réelles du métier découragent une partie des candidats potentiels, surtout quand l'entreprise ne compense pas par de la flexibilité ou des avantages concrets.

La surenchère salariale entre entreprises. Sur les profils rares (grutier, conducteur de travaux, chargé d'affaires), les entreprises se tirent la bourre sur le salaire pour arracher le même candidat, ce qui gonfle artificiellement les attentes du marché et complique la vie des PME qui n'ont pas la surface financière des grands groupes.

Le turnover élevé sur l'encadrement de chantier. Un chef de chantier ou un conducteur de travaux qui change d'entreprise tous les deux ou trois ans, ce n'est pas rare. Le turnover chantier vient souvent d'un manque d'accompagnement, d'objectifs flous ou d'une charge de travail qui explose sans reconnaissance en face.

Les métiers d'encadrement et techniques les plus recherchés par les PME

Conducteur de travaux : le poste le plus difficile à pourvoir en PME

Sur nos mandats, le conducteur de travaux revient systématiquement comme le poste le plus long à pourvoir pour une PME du bâtiment. Le profil doit tenir la technique, le planning, la relation client et le pilotage des équipes en même temps, ce qui réduit fortement le vivier de candidats vraiment opérationnels. Les grands groupes captent une partie de ces profils avec des perspectives de carrière plus lisibles, ce qui laisse les PME en compétition sur un nombre restreint de candidats disponibles.

Chef de chantier et chef d'équipe : pénurie de profils expérimentés

Le chef de chantier et le chef d'équipe souffrent d'un problème différent : la pénurie ne porte pas tant sur le nombre de candidats que sur leur expérience réelle. Un chef de chantier junior sans autonomie ne rassure ni le client ni les équipes sur le terrain, et les profils confirmés sont déjà en poste, souvent bien traités par leur employeur actuel.

Chargé d'affaires : double compétence technique et commerciale rare

Le chargé d'affaires cumule une exigence technique (chiffrage, suivi de chantier) et une exigence commerciale (développement de comptes, négociation) qui se trouvent rarement chez la même personne. C'est un des postes où la rareté du profil justifie le plus souvent un accompagnement par un cabinet de recrutement spécialisé BTP, tant le sourcing seul via une annonce classique donne peu de résultats.

Pourquoi ces profils quittent souvent leur poste

Le point commun à ces trois métiers : ce n'est pas d'abord le salaire qui fait partir un conducteur de travaux ou un chef de chantier, c'est le manque d'autonomie réelle, un management de proximité absent ou étouffant, et l'absence de perspective d'évolution claire. Une entreprise qui recrute sur ces postes sans travailler ces trois points recrutera à nouveau dans dix-huit mois.

Les métiers manuels et techniques en forte tension

Maçon, coffreur-bancheur, canalisateur : le manque de main d'oeuvre qualifiée sur le gros oeuvre

Ces trois métiers partagent la même réalité : peu de jeunes en formation, des effectifs vieillissants, et une pénibilité physique qui limite la durée de carrière sur le terrain. Le résultat, c'est une concurrence frontale entre entreprises du gros oeuvre et des travaux publics pour capter les rares profils qualifiés disponibles sur un bassin d'emploi donné.

Électricien, plombier-chauffagiste, couvreur : la RE2020 et la rénovation énergétique qui tirent la demande

Ici, le moteur de la tension est différent et presque positif : la demande explose plus vite que l'offre de main d'oeuvre. La RE2020 sur le neuf et la vague de rénovation énergétique sur l'existant génèrent un volume de chantiers que les entreprises de second oeuvre peinent à absorber avec leurs effectifs actuels. Résultat : ces métiers recrutent en continu, y compris des profils juniors, à condition de les former rapidement à la réalité du chantier.

Grutier et conducteur d'engins : des compétences rares et réglementées

Le grutier et le conducteur d'engins ajoutent une contrainte supplémentaire : le CACES et les habilitations obligatoires réduisent mécaniquement le vivier de candidats disponibles. Un candidat titulaire des bonnes habilitations et disponible immédiatement reçoit souvent plusieurs propositions en parallèle, ce qui impose aux entreprises d'aller vite dans leur processus de décision.

Le rôle de l'intérim BTP comme variable d'ajustement mais pas de solution durable

L'intérim BTP permet d'absorber un pic d'activité ou de sécuriser un chantier dans l'urgence, mais il ne résout pas le problème de fond sur les métiers en tension : le vivier de disponibilité sur ces profils est le même que celui du recrutement en direct, et les meilleurs intérimaires finissent en CDI ailleurs. C'est un pansement, pas un plan de recrutement.

Comment une entreprise du BTP peut réellement recruter sur ces métiers en tension

Revoir l'attractivité de l'offre avant de chercher plus loin

Avant d'élargir le sourcing, il faut regarder l'offre telle qu'elle est vue de l'extérieur : le salaire est-il aligné avec le marché local, le matériel est-il à jour, l'organisation des chantiers laisse-t-elle une vraie visibilité au candidat sur ses semaines à venir ? Beaucoup de PME cherchent des candidats plus loin alors que le problème est dans l'offre elle-même.

Élargir le sourcing au-delà des canaux classiques

Une annonce sur un jobboard généraliste touche rarement les meilleurs profils du BTP, qui sont déjà en poste et pas en recherche active. Le sourcing efficace sur ces métiers passe par l'approche directe, le réseau de terrain et la connaissance fine des bassins d'emploi, bien plus que par la simple diffusion d'annonces.

Miser sur l'alternance et la formation interne

L'alternance BTP reste le meilleur outil pour sécuriser un vivier à moyen terme, en particulier sur les métiers manuels où le vieillissement des effectifs est le plus marqué. Une PME qui forme ses propres talents réduit sa dépendance au marché externe sur les prochaines années.

Accélérer le process de recrutement

Sur les métiers en tension, un bon candidat reçoit plusieurs sollicitations en même temps. Un process de recrutement qui traîne sur plusieurs semaines, avec des entretiens espacés et une réponse tardive, fait perdre le candidat au profit d'une entreprise plus réactive, même si elle n'offre pas de meilleures conditions.

Faire appel à un cabinet spécialisé BTP quand le poste reste vacant trop longtemps

Quand un poste reste ouvert plusieurs mois malgré tous ces efforts, passer par un cabinet de recrutement spécialisé BTP devient pertinent, en particulier en recrutement au succès, sans avance de frais pour l'entreprise. Un cabinet dédié au secteur connaît déjà une partie du vivier de candidats sur les métiers en tension et peut activer un sourcing que la PME n'a ni le temps ni les outils de mener seule. C'est notamment l'objet de nos accompagnements pour les Employeurs - recruter sans avance de frais.

Ce qu'il faut retenir avant de lancer un recrutement dans le BTP

Les métiers du BTP qui recrutent le plus actuellement se retrouvent sur trois familles : le gros oeuvre et les travaux publics (Recrutement gros oeuvre) avec le maçon, le coffreur-bancheur, le canalisateur et le grutier ; le second oeuvre (Recrutement second oeuvre) porté par la rénovation énergétique avec l'électricien, le plombier-chauffagiste et le couvreur ; et l'encadrement de chantier (Recrutement encadrement de chantier) avec le conducteur de travaux, le chef de chantier et le chargé d'affaires.

Le facteur temps reste le premier ennemi d'un recrutement BTP raté : plus un poste reste vacant, plus le chantier accuse du retard, plus l'équipe en place s'épuise, et plus la pression pousse à recruter vite mal plutôt que méthodiquement. C'est souvent à ce moment précis qu'une entreprise du bâtiment ou des travaux publics a intérêt à se faire accompagner.

Onda Jobs est un cabinet indépendant spécialisé exclusivement dans le BTP, basé en Île-de-France et actif sur toute la France. Nous envoyons les premiers profils sous 1 à 10 jours ouvrés après la prise de besoin, sans avance de frais grâce au recrutement au succès. Si un poste en tension traîne dans votre entreprise depuis trop longtemps, parlons-en simplement de vos besoins réels et voyons ensemble ce qui bloque.

En bref - Vous recrutez dans le BTP ? Contactez Onda Jobs - cabinet indépendant, facturation uniquement au succès.